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RGPD et Google Ads : comment rester conforme sans sacrifier la performance ?

RGPD, IA et Google Ads _ comment rester conforme sans sacrifier la performance
Ronan Le Glouannec

Informer, séduire, performer… sans finir dans le viseur de la CNIL. Voilà le dilemme de tout annonceur en 2025 : comment concilier conformité RGPD et efficacité publicitaire, alors même que Google pousse l’IA et que les cookies tiers vivent leurs derniers mois ?

La bonne nouvelle : IA et RGPD ne sont pas forcément ennemis. La mauvaise : croire que tout se réglera automatiquement serait une erreur coûteuse.

En bonus à la fin de cet article mesurez l’impact de votre taux d’acceptation sur vos performances Google Ads grace à notre mini calculateur et les correctifs à apporter.

Un cadre légal européen incontournable

Le RGPD, appliqué depuis 2018 et renforcé par la CNIL et l’AI Act européen, impose une transparence accrue dans la collecte et le traitement des données. Les annonceurs doivent désormais obtenir un consentement explicite pour chaque usage, y compris la publicité ciblée.

La fin de l’ère des cookies tiers et ses impacts

Chrome rejoindra Safari et Firefox dans la chasse aux cookies tiers. Résultat : moins de données fiables, moins de visibilité sur le parcours utilisateur et des reporting lacunaires

Le risque caché : piloter vos enchères avec des données incomplètes

Là où ça fait mal, c’est sur les enchères automatiques. Si 30 % de vos conversions disparaissent du radar, l’IA de Google sous-évalue vos performances.

En résumé : moins de données = des enchères biaisées = un coût par clic qui grimpe.

À retenir en 3 points

  • Moins de cookies ≠ moins de perf : l’IA + first-party data comblent le manque.
  • Consent Mode V2 et Enhanced Conversions sont le socle d’un pilotage fiable.
  • Sans tracking RGPD-ready, vos enchères surpaient des clics sous-qualifiés.

Consent Mode V2 : adapter le tracking au consentement utilisateur

Il ajuste les signaux envoyés à Google selon le choix de l’internaute. Même sans cookies, certains comportements peuvent être estimés.

⚠️ À ne pas confondre avec l’IA

Le Consent Mode V2, les Enhanced Conversions et l’Offline Conversion Tracking (OCT) ne sont pas, à proprement parler, des intelligences artificielles.

Ce sont des mécanismes de collecte et de transmission de signaux qui permettent à l’IA de Google Ads de fonctionner correctement.

  • Consent Mode : ajuste les signaux selon le consentement et alimente la modélisation statistique de Google.
  • Enhanced Conversions : recoupe des données hachées via des algorithmes de correspondance.
  • OCT : relie les ventes réelles aux clics publicitaires.

Sans ces briques, l’IA de Google apprend sur des données biaisées. Avec elles, elle devient fiable, pertinente et conforme.

Autrement dit : ces outils ne sont pas de l’IA, mais ils en sont le carburant.

Enhanced Conversions : retrouver la précision malgré l’anonymisation

En hashant les données (email, téléphone), Google recroise les informations pour reconstituer des conversions perdues.

« Ne pas investir dans un tracking RGPD-ready aujourd’hui, c’est accepter de payer ses clics plus chers demain. »
David Le Glouannec — Ekko Media

Offline Conversion Tracking : relier ventes offline et campagnes digitales

Un must pour les assurances, services à la personne ou habitat : vous pouvez prouver que vos ventes téléphoniques ou en agence viennent bien de Google Ads.

E-commerce : mode et prêt-à-porter

Une boutique en ligne a constaté une chute de 30 % de ses conversions après la disparition des cookies. En activant Enhanced Conversions, elle a récupéré une vision fiable et ses campagnes Performance Max ont retrouvé leur ROAS initial.

Services B2C : assurance santé

Un assureur a intégré l’Offline Conversion Tracking pour relier les ventes téléphoniques à ses clics Google Ads. Résultat : le Smart Bidding a enfin eu les bonnes données pour cibler les prospects vraiment rentables.

Ce que nous observons chez nos clients

En e-commerce mode, la mise en place d’Enhanced Conversions récupère souvent 15–30 % de conversions « perdues ».

Dans l’assurance, l’Offline Conversion Tracking sur les ventes téléphoniques réaligne le Smart Bidding en 2 à 4 semaines.

Consent Mode ≠ baguette magique

Il dépend du taux de consentement. Si vos visiteurs refusent massivement les cookies, vous ne ferez pas de miracles.

Le Consent Mode n’“invente” pas des données : il adapte les signaux envoyés à la régie selon le choix de l’utilisateur (OK / refus), puis la plateforme modélise une partie des comportements manquants.

Ce qu’il fait bien :

  • En cas de refus, il envoie des pings anonymisés (sans cookies) pour estimer des résultats agrégés.
  • Il permet de garder une tendance exploitable quand le taux d’acceptation baisse.

Ce qu’il ne peut pas faire :

  • Remplacer le consentement : si l’internaute refuse, vous ne pouvez pas collecter comme s’il avait accepté.
  • Corriger un paramétrage bancal (GTM, CMP, déclencheurs).

Niveau d’impact : votre part “réellement mesurée” dépend d’abord du taux d’acceptation.

À faire (vraiment utile)

  • Bannière : ergonomie symétrique (Accepter / Refuser), texte clair, options granulaires. Testez 2–3 variantes pour gagner quelques points d’acceptation (souvent 3–7 pts).
  • GTM / CMP : vérifiez que tous les tags sont conditionnés par le bon état de consentement (pub / mesure).
  • V2 : activez les nouveaux signaux de consentement côté GTM pour que la modélisation fonctionne correctement.
  • Traçabilité : journalisez le taux d’acceptation par device / navigateur (Safari, iOS) : c’est souvent là que la perte est la plus forte.

Smart Bidding est biaisé si le tracking reste partiel

Sans données fiables, l’IA n’optimise pas… elle improvise.

Les algos d’enchères apprennent sur les signaux de résultat. S’il en manque une part significative, ils sous-évaluent la valeur réelle de vos clics, et finissent par :

  • Couper trop tôt des segments pourtant rentables (ex. Safari, iOS).
  • Sur-favoriser des signaux faciles (marque, requêtes “chaudes”) au détriment du haut/milieu de funnel.
  • Dégrader la stabilité (montagnes russes de volume/CPA).

Signes que votre modèle “improvise” :

  • Chute du volume mesuré sans baisse business côté CRM.
  • Écart grandissant entre résultats back-office et résultats régie.
  • Performance correcte sur Chrome, faible ailleurs.

Correctifs concrets (par ordre d’impact)

  • Remonter plus de résultats réels : EC (identifiants hachés), import de ventes / leads offline (avec GCLID / GBRAID).
  • Objectifs mieux choisis : une seule action principale de qualité, valeurs cohérentes (éviter la dilution avec de multiples micro-objectifs).
  • Fenêtre d’attribution adaptée : caler sur le délai réel de décision (ex. 30 jours si la décision n’est pas instantanée).
  • Expériences A/B d’enchères : via ExpériencesExpérimenter pour vérifier que l’amélioration de la mesure fait baisser le CPA / augmenter le ROAS.
  • Rapports de diagnostic : contrôler les « résultats récents » par campagne vs CRM pour détecter les trous de mesure.

L’importance des données first-party

Les CRM, analytics et bases clients deviennent la matière première de vos performances.

Dans un monde post-cookies, vos propres données (site, app, CRM, support, magasin) deviennent la matière première de la mesure et du pilotage. Elles apportent :

  • Résilience : moins dépendant des cookies tiers et des choix navigateurs.
  • Meilleure qualité de signal : identifiants consentis (email/tél), statuts (MQL/SQL), valeur réelle (CAC, marge).
  • Ciblage & valeur plus pertinents : audiences de clients, exclusions, enchères orientées valeur (pas juste volume).

A mettre en place (checklist)

  • Points de collecte utiles : login, newsletter, compte client, formulaire riche (toujours avec consentement explicite).
  • Normalisation : emails / téléphone nettoyés et hachés côté client avant envoi (EC).
  • Boucle CRM → régie : imports réguliers de résultats qualifiés (ex. « rdv tenu », « contrat signé »), plus fiables que de simples formulaires.
  • Valeur : renseignez des valeurs variables (ex. panier, LTV), pas un montant fixe, pour permettre un pilotage orienté valeur.
  • Gouvernance : registre de traitements, durées de conservation, accès restreint — condition de la confiance (CNIL).

Comment interpréter les zones de mesure

🟩 Zone verte — Signal suffisant pour un pilotage fiable
Votre taux d’acceptation et/ou vos briques avancées (Consent Mode V2, Enhanced Conversions, URL passthrough, OCT) permettent à Google Ads d’exploiter une part suffisamment représentative de vos conversions.Les enchères sont plus stables, la modélisation compense une partie des pertes et vous pouvez envisager un pilotage orienté valeur (marge, panier, LTV).

🟧 Zone orange — Signal partiel, IA sous-alimentée
Une fraction significative de vos conversions échappe encore à Google Ads.L’IA manque de signaux pour apprendre correctement : fluctuations de CPA, sous-évaluation du trafic iOS/Safari, dépendance excessive aux requêtes chaudes (brand).Priorité : renforcer les briques avancées et fiabiliser CMP/GTM.

🟥 Zone rouge — Signal très incomplet, décisions fortement biaisées
Google Ads n’accède qu’à une petite partie de vos résultats réels.L’IA improvise plus qu’elle n’optimise : enchères incohérentes, CPA instable, budgets mal répartis, segments rentables ignorés. Urgence : mettre en place les briques essentielles (Consent Mode V2, EC, OCT, passthrough) et revoir la configuration CMP/GTM.

En résumé, conformité et performance ne s’opposent pas : elles se construisent ensemble. Une bannière claire, des tags conditionnés, le Consent Mode V2, les Enhanced Conversions et l’apport CRM redonnent des signaux fiables aux algorithmes — et évitent de piloter à vue. La priorité n’est pas d’“avoir plus de données”, mais d’avoir les bonnes données, traçables et légitimes.

La feuille de route est pragmatique : corriger la base (CMP/GTM), activer les signaux essentiels (Consent V2, EC), boucler le CRM (imports qualifiés), puis orienter la valeur (objectifs et montants pertinents, tests d’enchères). À ce stade, l’IA devient réellement utile : elle arbitre mieux, plus vite, sur des signaux propres.

Le Consent Mode V2 est-il obligatoire en 2025 ?
Pas légalement “obligatoire”, mais sans lui vous perdez des signaux essentiels. Résultat : reporting incomplet et enchères biaisées. Il est fortement recommandé si vous utilisez Google Ads/Analytics.
Puis-je continuer à faire de la publicité sans cookies tiers ?
Oui. Appuyez-vous sur le Consent Mode V2, les Enhanced Conversions, et des données first-party. Le ciblage et la mesure deviennent plus dépendants de ces briques.
Quelle différence entre Enhanced Conversions et Offline Conversion Tracking ?
Enhanced Conversions reconstitue des conversions online via des signaux hachés (email/téléphone). Offline Conversion Tracking rattache vos ventes offline (téléphone, magasin, rendez-vous) aux clics Google Ads.
Comment vérifier que mon site est conforme au RGPD ?
Contrôlez la bannière de consentement (choix granulaire, refus aussi simple que l’acceptation), l’injection des tags via GTM selon le consentement, et tenez un registre. Un audit technique est recommandé.
L’IA de Google peut-elle compenser entièrement la perte de données ?
Non. L’IA réduit l’impact, mais dépend de la qualité des signaux. Sans first-party data et paramétrage propre, elle “devine” plus qu’elle n’optimise.

Pour approfondir sans partir dans le bruit, nous avons réuni des sources officielles et neutres : cadre légal (CNIL, Commission européenne), et guides techniques (Consent Mode, Enhanced Conversions).

Sources officielles & guides techniques

Cadre légal (FR/EU)

Implémentation (docs officielles Google)